La restauration de l’orgue Stiehr-Mockers est achevée
Publié le 2 septembre 2026

Le chantier conduit par Christian Lutz, maître d’œuvre, avec le soutien de la DRAC et de la Fondation du Patrimoine, rend à l’instrument son état d’origine.
Le chantier conduit par Christian Lutz, maître d’œuvre, s’est achevé en 2023. Il rend à l’instrument son état d’origine sur les trois points altérés au cours du XXᵉ siècle : les tuyaux de façade réquisitionnés en 1917, l’étendue de la pédale portée de 25 à 30 notes en 1958, et la soufflerie.
La restauration a été financée avec le soutien de la DRAC Grand Est, de la Région, de la Collectivité européenne d’Alsace, de la Ville de Riquewihr et de la Fondation du Patrimoine, avec laquelle l’association a signé une convention.

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Voir sur YouTubeUn instrument d’exception, restauré dans le respect de son histoire
Un orgue remarquablement préservé
Construit par la maison Stiehr-Mockers, lignée de facteurs d’orgues alsaciens, l’orgue de l’église protestante Sainte-Marguerite de Riquewihr est le mieux conservé de leurs grands instruments à trois claviers et pédalier. Il n’avait connu que trois transformations notables. Ses tuyaux de façade, réquisitionnés en 1917 pour l’effort de guerre, avaient été remplacés vers 1925 par des tuyaux de bonne facture, mais d’un dessin éloigné des modèles d’origine. Son pédalier, le clavier joué avec les pieds, avait été agrandi en 1958. Enfin, ses trois soufflets d’origine avaient laissé place à un réservoir moderne, au souffle moins ferme et moins vif.
Le chantier a suivi un principe simple : rendre à l’instrument un parfait état de marche, tout en préservant ce qui fait sa renommée, la finesse et la poésie de ses sonorités.
Le meuble et le cœur de l’instrument
Seuls les tuyaux, la mécanique et les sommiers ont été démontés ; le meuble est resté en place. Les rares traces d’insectes du bois ont été traitées localement. Le meuble a été vérifié et ses petites lacunes sculptées comblées. Deux angelots ont retrouvé leur emplacement d’origine, attesté par un dessin ancien et une photographie d’avant 1914. Le bois a ensuite été nettoyé à la brosse et à l’alcool, sans chercher à recréer un décor ancien mal connu.
Les sommiers sont les grands coffres de bois qui distribuent l’air vers chaque tuyau. Jamais restaurés en profondeur, ils présentaient de nombreuses fuites. Leurs cuirs et leurs pièces d’étanchéité ont été entièrement remplacés, à l’identique des modèles Stiehr.
La console, poste de l’organiste
La console a été révisée sur place. Une serrure neuve a été réalisée à l’identique, l’éclairage est passé aux LED et les deux bougeoirs anciens ont été conservés. Les claviers, restaurés en atelier, ont retrouvé leur garniture de drap traditionnelle. Le pédalier moderne a été remplacé par un pédalier de 25 notes, reconstitué autour d’une pièce d’origine retrouvée dans un atelier de Haguenau. Les boutons de registres, qui permettent de choisir les sonorités, ont été nettoyés. Toute la mécanique a été démontée pour supprimer le jeu et les frottements.
Le souffle et le son
Les tuyaux, en métal comme en bois, étaient en bon état. Ils ont été dépoussiérés sur place, sans prendre le risque d’un transport. Les tuyaux de façade ont été refaits en étain fin, sur le modèle d’un orgue Stiehr de Gundershoffen. Ils ont été harmonisés pour que l’oreille ne perçoive aucune différence avec les tuyaux anciens.
Le réservoir a laissé place à trois soufflets à l’ancienne, copiés sur ceux de l’orgue de Langensoultzbach, qui donnent un souffle plus ferme et plus vif. Le vieux ventilateur électrique, devenu hors normes, a été remplacé par un modèle neuf et insonorisé.
Les interventions sur le son sont restées volontairement minimes : quelques retouches ponctuelles, sans modifier ni le diapason ni l’accord de l’instrument.
Un héritage transmis
Le facteur d’orgues a remis un rapport complet : l’inventaire de tous les tuyaux, le relevé des sommiers et des photographies de chaque élément avant, pendant et après les travaux. Le plafond de l’église et la tribune ont été contrôlés et se sont révélés sains. Les installations électriques de l’orgue ont été reprises par un électricien agréé. L’orgue de Riquewihr peut ainsi être transmis, intact et vivant, aux générations futures. Les travaux ont démarré fin novembre 2020 et le concert inaugural a été donné le 13.10.2023.

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Voir sur YouTubeMaître d’œuvre : Christian Lutz · Maître d’ouvrage : Ville de Riquewihr
Texte inspiré de l’étude préalable réalisée par Monsieur Christian Lutz, Expert Organologue – Technicien conseil pour les orgues auprès des monuments historiques.
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